Sur les traces de l'Archéologue

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Sur les traces de l'Archéologue

Message  Isshtar le Jeu 24 Déc - 20:09

Le vent jouait avec les pages du manuscrit laissé au sol. Le claquement du papier dans l’air ajoutait une note presque douce aux autres échos hurlants des ruines. S’engouffrant par les orifices béants des édifices antiques, les quelques rafales en étaient devenues assourdissantes. La jeune femme se pencha et ramassa le journal, tandis qu’une bourrasque s’amusa à rabattre la capuche retenant une flamboyante tignasse rousse. Elle arqua un sourcil :
« Dans quel guêpier est-il encore allé se fourrer cette fois-ci… », s’agaça-telle, en parcourant rapidement les notes de l’archéologue. Elle arqua un sourcil, en analysant la complexe formule mathématique, sensée calculer le temps que les Abysses mettraient à absorber toute forme de vie. Une des constantes avait retenue son attention. « Tsss… »

Un bruit d’ailes la tira de sa concentration. Elle fit faire volte face, dans une pose agressive.
« Madame ! », hoqueta la daeva venue la rejoindre. Isshtar se détendit quelques peu en reconnaissant la blonde de son unité. « Madame ! Le camp a ét… » La flèche qui fendit l’air abrégea sa phrase. Elle chuta au sol en criant de douleur, le trait à la penne caractéristique profondément enfoncé dans son épaule.
« … attaqué par des Asmodéens. », termina Isshtar, un rien cynique. Elle murmura quelques mots pour invoquer un élémentaire le temps d’occuper les assoiffés de sang et de tirer sa coéquipière à l’abri derrière des fragments de cariatide.

Plusieurs minutes qui parurent des heures passèrent. Isshtar retint son souffle, lorsqu’un des corbeaux se posa non loin, beuglant des ordres. Visiblement c’était bien après eux qu’ils en avaient. Le sang martelait ses tempes à lui en donner la nausée. Elles n’avaient que peu de chances. Elle calcula rapidement leur probabilité de survie. Cinq. Du moins cinq voix différentes distinctement audibles, dont une féminine_ à priori leur chef, à sa façon de hurler de colère après les autres. Peut-être plus. Elle ferma les yeux et essaya de ralentir sa respiration, de se calmer. La panique était mauvaise conseillère. Elle se devait de rester froide, sure d’elle-même. Leurs vies en dépendaient. L’obélisque était trop loin pour qu’elles espèrent n’y laisser qu’un peu de souvenirs, cette fois-ci. Elle contracta la mâchoire. Après tout, elle n’avait rien à perdre, elle. Ce n’était pas le cas de sa collègue, qui tremblait comme la feuille d’un saule, fouettée par un vent trop violent.

La spiritualiste plaqua le manuscrit contre elle, comme pour s’en imprégner. Elle cherchait inconsciemment à s’approprier la force des mots qu’il possédait, l’aura de son père. Ce père qu’elle admirait, qu’elle détestait… qu’elle aimait. Ce père qui comptait sur elle... Ses recherches étaient capitales. Qui l’ignorait ?...

Le temps égrenait les secondes, avec une douce promesse funeste. Il était nécessaire de prendre une décision…. Elle tendit le journal à sa coéquipière de circonstances. La rôdeuse aurait plus de chances qu’elle de fuir, vite et loin. La blonde la dévisagea, la stupeur se lisait dans ses yeux clairs. « Je vais les attirer. Profite-en. » La blonde hocha la tête, émettre une opposition ne servait à rien. Elle lança un regard qui sonnait comme un adieu à Isshtar. Cette dernière fit celle qui ne voyait pas. C’était sans importance. Rien ne la retenait. Personne ne l’attendait. Du moins c’est ce qu’elle se plaisait à croire en cet instant.

Elle s’élança en suivant, hors de la cachette, appliquant un bouclier protecteur autour d’elle. Tout son corps était tendu dans l’attente de la bataille à venir. Rien… Seul le chant mélancolique des guerriers morts au combat était audible. Elle fit cependant volte face, par intuition. Trop tard… L’asmodéen assassin surgit derrière elle. Elle resta tétanisée une fraction de secondes de trop. Il lui susurra un mot presque avec douceur tout en assenant son coup. Le gout salé et métallique du sang dans sa bouche, la chaleur diffuse qui coulait le long de son épaule, le souffle tendre de son assaillant contre son cou furent parmi les dernières images capturées par ses sens, avant que l’obscurité ne se referme tel un étau autour d’elle.

Puis, vint le silence.
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